
Le Tampon Trompeur : Provenance et Authenticité dans les Œuvres de T'ang Haywen
À la suite du décès de T'ang Haywen en 1991, ses œuvres ont été vendues lors de ventes aux enchères désorganisées, incitant trois marchands à créer un tampon pour la provenance. Cependant, ce tampon n'a aucune valeur légale et ne fournit pas une authentification fiable.
À la suite du décès de T'ang Haywen le 9 septembre 1991, sa succession a été déclarée vacante — aucun héritier n'a été retrouvé, et il n'avait laissé aucun testament. En conséquence, l'État français, plus précisément l'Administration des Domaines (D.N.I.D.), a ordonné la vente aux enchères de ses biens, y compris les peintures découvertes dans son appartement.
Quatre ventes aux enchères ont été organisées par le commissaire-priseur M. Yves-Marie Leroux en 1992 et 1993.
En 1994, Philippe Koutouzis a pu localiser la famille de T'ang en Chine, et en 1995, a conclu un accord avec elle. Cela a permis à la famille de recevoir l'intégralité des produits des ventes après paiement des droits de succession.
En 1996, Philippe Koutouzis a obtenu des copies certifiées conformes des procès-verbaux des quatre ventes. Ces documents ont révélé que les ventes se sont déroulées sans catalogue, inventaire, images ou aucune documentation des œuvres. Des témoins ont décrit plus tard les conditions chaotiques et désorganisées dans lesquelles les ventes ont eu lieu.
Pour établir la provenance des œuvres qu'ils avaient acquises, trois marchands parisiens — Jacques Barrère, Jean-Michel Beurdeley et Jean-Claude Riedel — ont créé un tampon pour marquer le dos des peintures qu'ils avaient achetées. Un quatrième marchand, qui n'était pas officiellement enregistré mais exerçait à plein temps en tant que marchand selon la loi française, a refusé de participer. Cet individu fait actuellement l'objet de plusieurs enquêtes et d'un procès en France et en Belgique concernant la vente aux enchères de peintures douteuses et l'émission de certificats douteux.
Bien que des tampons soient parfois utilisés pour établir la provenance lors de ventes d'atelier après le décès d'un artiste, ils sont généralement approuvés par l'État ou la famille de l'artiste et documentés dans des registres officiels. Dans le cas de T'ang, les trois marchands ont créé le tampon de manière unilatérale, sans la connaissance, la suggestion ou l'approbation de l'État ou du commissaire-priseur. Par conséquent, le tampon n'a aucune valeur légale et ne peut être considéré comme un « tampon d'atelier ».
À première vue, le tampon pourrait sembler fournir une provenance, mais il est trompeur. Le processus de tamponnage n'a pas été effectué dans un cadre légal, et il n'existe aucun enregistrement d'un notaire ou d'un huissier supervisant la procédure, documentant les œuvres ou détruisant le tampon par la suite. Cela rend impossible la vérification de l'authenticité ou de la provenance des œuvres tamponnées.
Les trois marchands ont participé aux ventes mais avaient peu de connaissances sur la vie de T'ang Haywen, ses choix artistiques ou les fondements de son œuvre. Ils considéraient l'achat de ses œuvres à bas prix comme un investissement judicieux, ce qui, en soi, n'est pas problématique. Cependant, la gestion chaotique des biens de T'ang, les ventes désorganisées et la mise aux enchères d'œuvres en lots indiscriminés de 10, 20 ou 50 pièces ont créé une confusion importante. Certains amis de T'ang ont été outrés par le processus, le décrivant comme une « exécution publique » et interrompant même l'une des ventes.
Malgré les efforts de Jean-Paul Desroches pour reconstituer certains diptyques, de nombreuses œuvres ont été vendues incomplètes, manquant des parties de leurs compositions. Les marchands, y compris ceux qui ont créé le tampon, ont acquis de nombreuses œuvres incomplètes, dont certaines réapparaissent désormais sur le marché. Bien que certaines œuvres complètes portant des signatures authentiques aient également été tamponnées, le tampon lui-même ne confère aucune valeur ni fiabilité en tant que preuve de provenance.
De plus, le tampon utilise le nom « T'ang Haiwen », ce qui reflète le manque de compréhension des marchands quant à l'identité de T'ang. « T'ang » correspond à la transcription vietnamienne du caractère chinois Zeng (曾), tandis que « Haiwen » est la transcription pinyin de 海文. Combiner ces deux modes de transcription différents est inhabituel pour quiconque connaît la culture chinoise. Notamment, T'ang lui-même écrivait toujours son nom comme « T'ang Haywen » après s'être installé en France.
En conclusion, le tampon ne peut être considéré comme un moyen fiable de vérifier l'authenticité ou la provenance des œuvres de T'ang Haywen.
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