La reconnaissance de l’artiste chinois
- Admin
- 19 juin 2024
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Les étoiles sont alignées pour T'ang Haywen (1927-1991) qui n'aura jamais été ainsi célébré en France avec pas moins de 2 expositions en galerie (Cazeau et Hervé Courtaigne), une au musée Guimet (qui a reçu une donation de 200 œuvres et de 400 pièces d'archives en 2022) et une vente aux enchères à Cannes chez Azur Enchères le 26 juin (18 œuvres estimées de 1,500 à 4,000 euros). L'artiste chinois, qui est le troisième de l'école de Paris derrière les ténors Zao Wou-ki (1920-2013) et Chu Teh-Chun (1920-2014), n'avait jusqu’à présent été que peu mis en lumière car, comme le détaille Diana Durlanescu de la galerie Cazeau: «Il n’était intéressé ni par le marché ni par les galeries. En vrai taoïste, ce qui comptait pour lui était de faire son œuvre et vivre son art.»
Essentiellement connu des institutions, le marché s’y est timidement intéressé au moment de la dispersion de son atelier et de son appartement entre 1992 et 1993, sur ordre de l'administration française des domaines (les encres étaient vendues 150 francs) mais le coup d'accélérateur a été donné en 2015 avec la création à Hong Kong des T'ang Haywen Archives. Lorsque l’artiste débarque à Paris en 1948, c’est pour fuir sa famille – qui lui imposait de reprendre l’affaire de marchand de tissus de soie de son père - et pour vivre son homosexualité librement. Son besoin de liberté et son attachement à une peinture calligraphique lyrique l'amènent à adopter la technique de l’encre et un format réduit (70 x 50 cm), compatibles avec son mode de vie fait de voyages fréquents. Pour contourner cette contrainte, il accole deux feuilles pour créer des diptyques, presque une signature constituant la majorité du corpus de ses œuvres.
La galerie Cazeau propose un aperçu des années 1960 à 1991 (entre 3,000 et 30,000 euros), avec notamment 4 portraits qui devaient faire partie d'une exposition à Hong Kong annulée par sa mort prématurée. Plus rares sont ses peintures à l’huile, la plupart ayant été créées avant les années 1970. La galerie Hervé Courtaigne en donne un aperçu avec notamment 5 tableaux (la fourchette des encres et des huiles est comprise entre 3,000 et 150,000 euros), dans une présentation qui vient d'être prolongée d'un mois.
Image ci-dessus : L'article du Quotidien de l'art à Paris le 6 juin 2024.









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